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Projets pilotes SET4food

Le projet pilote SET4food a pour buts la validation du SAD et le test des technologies énergétiques innovantes pour l’utilisation des aliments, pour les réfugiés et les personnes déplacées internes (PDI).
Ainsi, plusieurs camps et installations informelles dans quatre pays - Somalie, République centrafricaine, Liban et Haïti - ont été étudiés et, enfin, choisis pour y mettre en place de brèves activités pilotes. La méthodologie a été définie par l’équipe SET4Food, en tenant compte des données spécifiques du terrain. Enfin, un système de contrôle approfondi a été développé afin de collecter des données et d’évaluer l’impact de ces technologies.

Quelques définitions

Réfugiés : « personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays » [1].

Personnes déplacées internes (PDI) :
« personnes ou groupes de personnes qui ont été forcés ou contraints à fuir ou à quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en raison d’un conflit armé, de situations de violence généralisée, de violations des droits de l’homme ou de catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme ou pour en éviter les effets, et qui n’ont pas franchi les frontières internationalement reconnues d’un État » [2].

Déplacement dans le monde
Selon les Tendances mondiales 2013 du HCR, 51,2 millions d’individus ont été forcés au déplacement partout dans le monde, dont environ 16,7 et 33,3 millions étaient respectivement des réfugiés et des PDI. Le tableau suivant liste les 12 premiers pays par nombre de personnes relevant de la compétence du HCR [3].

 

Pays / territoire d’accueil

Total de réfugiés et de personnes en situation analogue à celle de réfugié


PDI protégées/aidées par le HCR

Autres personnes relevant de la compétence du HCR

Population relevant de la compétence du HCR totale


Présence de COOPI

Rép. arabe syrienne

149 292

6 520 800

303 256

6 973 348

 

Colombie

224

5 368 138

100

5 368 462

 

Rép. dém. du Congo

113 362

2 963 799

736 346

3 813 507

X

Pakistan

1 616 507

747 498

96 027

2 460 032

 

Soudan

159 857

1 873 300

50 492

2 083 649

X

Irak

246 298

954 128

250 142

1 450 568

 

Somalie

2 425

1 133 000

150 751

1 286 176

X

Birmanie

0

372 000

840 392

1 212 392

 

Afghanistan

16 863

631 286

337 048

985 197

 

République centrafricaine

14 322

894 421

2 637

911 380

X

Liban

856 546

0

5 980

862 526

X

Iran, Rép. islamique d’

857 354

0

48

857 402

 


Tableau 1 - Liste des 12 pays au plus grand nombre de personnes d'intérêt notoire [3] et présence de COOPI.

Cependant, la situation dans certains pays a gravement empiré depuis le début de l’année 2014. Par exemple, le nombre de réfugiés syriens est monté respectivement à 1 132 602 et 1 065 902 au Liban et en Turquie (609 938 fin 2013) [4]. La sélection des quatre pays n’a donc pas seulement pris en compte le nombre des réfugiés et des PDI, mais aussi d’autres facteurs.

Ensuite, les données fournies par différentes organisations internationales ne correspondent pas, souvent parce que les définitions appliquées et/ou les ensembles de données sont différentes. Haïti est un exemple parlant : en juillet 2014, le HCR a rapporté la présence de seulement 7 PDI, tandis que l’IOM (organisation internationale pour les migrations) estimait leur nombre entre 85 000 et 104 000 [5].

 

Sources:

[1]  Nations Unies, « Convention Related to the Status of Refugees », 1951.

[2]  Nations Unies, « Guiding Principles on Internal Displacement », 1998.

[3]  HCR, « UNHCR Global Trends 2013 », 2014 [En ligne]. Disponible: https://s3.amazonaws.com/unhcrsharedmedia/2013-global-trends/Global_Trends_report_2013_V07_web_embargo_2014-06-20.pdf 

[4] HCR, « Syrian Refugees in the Region November 1st 2014 », 2014. [En ligne]. Disponible: http://data.unhcr.org/syrianrefugees/regional.php#  [Consulté le : 3 déc. 2014].

[5] IOM, « IOM - Port-au-Prince – Haïti ». [En ligne]. Disponible: http://iomhaitidataportal.info/dtm/index2.aspx  [Consulté le : 27 fév. 2015].

 

Sélection des pays pour les projets pilotes

Sélection des pays pour les projets pilotes

Du point de vue de la sécurité alimentaire, certains des principaux pays en termes de déplacement sont considérés comme des pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) par la FAO, comme la RDC, la Centrafrique et la Somalie [1]. Cette situation n’inclut donc pas uniquement des personnes déplacées, mais la population entière. Lors de la sélection, une attention particulière a été portée sur les pays subsahariens, zone où la malnutrition est la plus importante au monde [2]. Malheureusement, tous les pays ne constituent pas un environnement permettant de tester des solutions innovantes, du fait de l’insécurité excessive, de l’instabilité ou d’autres contraintes.

Ainsi, COOPI a décidé de choisir quatre pays à travers un processus d’évaluation interne impliquant toutes les équipes compétentes, aussi bien au siège que sur place.

La décision finale a été prise sur la base de ces principaux aspects:

  • Nombre de réfugiés et/ou PDI ;
  • Pertinence du pays pour les organisations internationales ;
  • Évolution prévue de la situation humanitaire ;
  • Instabilité sociale, politique et économique ;
  • Conditions de sécurité pour les équipes des ONG concernant la mise en place des activités du projet pilote ;
  • Données fournies par la Direction générale de l’ECHO et autres partenaires ;
  • Présence de COOPI ;
  • Présence aussi bien de camps officiels que d’installations informelles ;
  • Considérations linguistiques et géographiques.

Identification des camps/installations informelles

Les membres compétents de COOPI ont identifié les camps et les installations informelles à étudier. Les aspects suivants ont été pris en compte :

  • Connaissance de COOPI sur le camp/l’installation ;
  • Durée moyenne du séjour des réfugiés/PDI (assez long pour tester des solutions innovantes) ;
  • Accessibilité du site et bonnes conditions de sécurité ;
  • Besoins attendus concernant l’accès à l’énergie pour l’utilisation des aliments.

Sources:

[1] FAO, « FAO Country Profiles », 2014 [En ligne].
Disponible :http://www.fao.org/countryprofiles/lifdc/en/ [Consulté le : 3 déc. 2014].

[2] FAO, IFAD, WFD « The State of Food Insecurity in the World 2014. Strengthening the enabling environment for food security and nutrition », 2014. [En ligne]. 
Disponible: http://www.fao.org/countryprofiles/lifdc/fr/?lang=ar&iso3=USA

PHASE D’ÉTUDE

Méthodologie de l’étude

L’étude vise à analyser un ensemble de caractéristiques relatives à chaque camp/installation informelle, en collectant des données aussi bien qualitatives que quantitatives. Les technologies énergétiques pour l’utilisation des aliments ont d’abord été évaluées. En effet, la cuisson et la conservation des aliments ainsi que l’accès à l’eau ont été les composantes principalement visées selon la définition de la FAO de l’utilisation des aliments [1]. Les domaines suivants ont été pris en compte :

  • Caractéristiques de la zone d’intervention ;
  • Description des réfugiés/PDI ;
  • Typologie des aliments consommés ;
  • Accès à l’eau ;
  • Accès à l’énergie ;
  • Présence et accès aux ressources locales.

Dans ces domaines, plusieurs aspects (sociaux, technologiques et légaux, par exemple) ont été étudiés. La présence et le rôle d’autres organisations internationales ont aussi brièvement été étudiés, de même qu’a été fournie une vue d’ensemble des caractéristiques du marché lié à l’énergie pour l’utilisation des aliments.
En pratique, l’étude a été menée par COOPI, avec le soutien technique du Politecnico di Milano. Le personnel de terrain COOPI a d’abord collecté des données essentielles, à l’aide d’interviews, de groupes de discussion et d’une observation directe. Les pratiques, la perception des personnes déplacées, les contraintes et les opportunités ont été évaluées au moyen de deux formulaires d’étude, concernant aussi bien les aspects techniques que descriptifs.
Le Politecnico di Milano et l’équipe de COOPI à Milan ont examiné toutes les données fournies et ont demandé plus d’informations et de clarifications de la part du personnel de terrain.
Ensuite, des solutions innovantes ont été proposées et discutées, afin d’en évaluer l’acceptabilité et la faisabilité. Ce processus itératif a permis d’obtenir plus d’informations sur les installations visées par le projet. Enfin, un ensemble de technologies a été désigné pour chaque installation.

FORMULAIRES D’ÉTUDE
Télécharger le formulaire d’étude avec les aspects descriptifs.

Télécharger le formulaire d’étude  avec les aspects techniques.

Sources:

[1] W. M. Rivera, « Agricultural extension, rural development and the food security challenge », Rome, Italie, 2003.

ANALYSE DES RÉSULTATS ET PROPOSITION DE TECHNOLOGIES

Analyse des résultats

Les données obtenues lors de la phase d’étude ont été analysées du point de vue de l’utilisation des aliments. Les points clés suivants relatifs à l’utilisation des aliments ont été considérés :

  • Cuisson des aliments
  • Conservation des aliments
  • Génération d’énergie
  • Purification de l’eau

La génération d’énergie a été notamment considérée comme une exigence pour un ou plusieurs des autres points clés. Une autre décision a été celle de tester l’impact indirect de l’accès à l’énergie sur l’utilisation des aliments et, par conséquent, sur la sécurité alimentaire des réfugiés et des PDI. L’analyse des données a montré quels points avaient besoin d'être améliorés, et ces derniers ont donc été les seuls à être considérés lors de la proposition de technologies.

 

Les données concernant ces domaines ont été analysées, depuis les pratiques sur place, jusqu’aux technologies disponibles dans la communauté d’accueil. Des opportunités ont été relevées, telles que la présence de sources d’énergie, mais également des contraintes. En effet, certaines technologies n’étaient pas considérées comme applicables, ou semblaient trop risquées. L’attitude des personnes concernant le partage des technologies avec d’autres familles (par ex. foyers de cuisson ou stockage des aliments) a également été prise en compte, afin de proposer un certain niveau d’utilisation (par ex. individuel, domestique, multi-domestique, communautaire).

Proposition de technologies

L’équipe du Politecnico di Milano a proposé les technologies, mais le processus a suivi la logique fournie par le Système d’aide à la Décision (SAD) disponible sur ce site Web . Cependant, les technologies proposées devant être particulièrement innovantes, les solutions standards ont été exclues, avec comme seule exception les technologies consolidées, appliquées suivant une nouvelle approche (par ex. comment les utiliser, niveau d’usage) ou en intégration avec les autres. Les technologies recommandées et actuellement utilisées dans les camps et les installations informelles sont décrites clairement dans les Recommandations, bientôt disponibles sur notre site.

Parmi les technologies appropriées identifiées par le SAD, celles à tester ont été choisies avec l’équipe de COOPI, aussi bien au siège que sur le terrain, afin de bien prendre en compte les aspects sociaux et non-techniques. Les personnes déplacées ont elles aussi été en partie impliquées, par exemple lors de la collecte des données, en fournissant des indications importantes sur l’acceptabilité de ces solutions.
En général, les technologies proposées doivent répondre à l’un des objectifs suivants :

  • Réduire la charge environnementale et, si possible, la charge sociale de la communauté accueillie sur la communauté d’accueil ;
  • Tester des solutions pouvant fournir des améliorations importantes, non seulement pour la communauté accueillie, mais aussi pour la communauté d’accueil.

Un exemple du premier objectif est l’utilisation de foyers de cuisson améliorés, qui réduisent considérablement la consommation de bois, permettant ainsi une réduction de la déforestation. Pour le second objectif, les communautés locales peuvent bénéficier du test technologique local en utilisant de nouvelles sources renouvelables (par ex. le vent, l’eau), et en considérant ce test comme une référence fiable. Une action humanitaire pourrait en effet apporter un bénéfice à l’ensemble de la population en termes d’accès amélioré à l’énergie, permettant ainsi une meilleure perception des personnes déplacées.

SET4food est un projet développé par:

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